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Je n’écris plus

Typewriter sculptures

Mask III. Jeremy Mayer

Je n’écris plus

Aucun poème ne vaut

La peine

J’essaie avec la nature

La ville et ses trams

Le mysticisme

Et même avec la pluie

Le résultat ne vaut pas

La peine

J’essaie d’être malheureux

Pour allumer en moi une étincelle

Créatrice

Je bois

Je fume

Je baise

La trilogie maudite

Mais ça ne vaut rien !

Je me balade à l’aube comme un chien abandonné

Mais il ya toujours des gens qui font du jogging

Putain

Ce n’est pas possible d’écrire comme ça !

Je me mêle aux immigrants sans travail

Mais il y a toujours quelqu’un qui téléphone avec son super iPod

Pas possible de retrouver mon lyrisme !

Les bus sont à l’heure

Les machines à café fonctionnent

Il fait froid

Mais les brasseries sont accueillantes

Et la bière est bonne

Il n’y a pas des heures d’attente pour faire les courses

Et les vendeuses sont souriantes

C’est exaspérant !

Je n’écris plus

Je travaille

Je n’ai plus d’amis

Je prends les kilos du bonheur

Je perds l’œil pour la dépression

Et la montre attache mes pieds à terre

Je n’ai plus de temps

J’ai plein de choses que je n’ai jamais eues

Je ne peux pas me plaindre

C’est le pire !

C’est gris partout

Mais quand j’écris sur le ciel et les maisons

Je répète ce qu’on a déjà dit

Cent fois

Mille fois

Et après, ce n’est pas si moche

C’est le pire !

Comment créer du drame comme ça ?

Comment réussir un poème déchirant ?

Qui parle des murs de poussière transpercés par les rayons du matin

Qui parle des visages affamés

De l’angoisse

De l’attente

Et de l’espoir

Je n’écris plus

Aucun poème ne vaut

La peine

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