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Presentación de “La balada de los suicidas”

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Encuentro

Por qué no decir que su corazón
Era de piedra
Una hermosa tallada en forma de amapola
Que movía los sentimientos por todo su cuerpo
Como lo hubiese hecho en su lugar
Uno de carne
Mujer de pecho impenetrable y hosco
Qué guante de estaño se hundió en tu seno
Cuál cólera el destino vertió sobre tus alas
Por qué tus ojos tan desecados
Tu mano tan firme
Como de quien ha caminado las penas
De un largo sendero misterioso
Prohibido a los otros mortales

Por qué no decir que sus ojos
Me ponían a llorar si me miraban

Manifiesto I

Escribir para mí es labor vital. Conseguir que mi familia lo asimile, es tarea de Heracles.

Cuando se nace escritor en una familia de gente simple, como si un meteorito viniese a pulverizar la paz rumiante de los dinosaurios, se aprende a vivir en exilio bajo el propio techo.

Estos productores, vástagos de los cambios sociales que patrocinan su simpleza, desprecian por instinto todo lo que exhala burgués o artista: todo lo que no toma un pico o una sierra, un martillo o un machete para ganarse la comida. Si me paso el día prendido a los renglones de un clásico, o creando yo mismo filas de supervivencia sobre el papiro, los captores de mi ingenio enloquecen, retándome a duelos que me aparten de la actividad intelectual.

De esta manera, me ha tocado compartir morada con mis enemigos de clase. Mi casa cambiada en maqueta del mundo. Un campo de batalla donde la voluntad de ser genuino, que anida en mí, se debate en el cerco cada vez más ceñido que le imponen los miembros del campo, altamente socialista, enormemente proletario, excesivamente doméstico.

A los que pretenden obligarme a fregar los platos, convencerme de ir a hacer las compras o amenazarme para que saque la basura, desde la trinchera les digo: ¡No me cogerán con vida!

Pluie

Photographe : Bagrad Badalian. Body painting : Maud Liegeois. Modèle : Héléna

   Quand le jour n’a pas encore commencé, elles sont déjà là. Elles sont partout, tombent du ciel et s’écrasent contre le béton du trottoir. Elles ressemblent à un rideau qui tombe, une fois le spectacle fini. Mais c’est plutôt le début de tout : Les ombres se lèvent doucement comme si elles avaient peur de déranger. Les bruits se dégagent du silence nocturne, en lâchant leur couverture d’étoiles, et commencent à jeter des enchantements sur la Ville. Nous traversons l’écume comme des poissons. Le sommeil qui enveloppe les rues se retire sur la pointe des pieds. Tout est submergé. C’est un réveil marin.

Elles tombent toujours avec acharnement. Leur chute inéluctable empêche les rayons du bonheur de nous serrer la main. Une bête énorme arrive en coupant la densité et ses lumières sont perçues comme une apparition d’un autre monde. C’est un tram. Nous sommes tous ravis de nous mettre à l’abri dans ses entrailles. Elles nous regardent le nez collé aux vitres, on sent les milles yeux de la pluie nous caresser doucement le corps. Ce corps qui leur a échappé. Elles suivent la bête de fer en attente d’un accouchement : le moment où elles vont nous prendre à nouveau dans leurs bras et nous chanter la berceuse des précipitations. Qui parle d’un fleuve dans le royaume des nuages, là où il ne pleut jamais.

Nous constatons que la Ville entière a été conquise : les bâtiments, jusqu’à la plus haute tour et les parcs, jusqu’à la dernière feuille sont déjà sous le niveau de l’eau. Les piétons nous montrent les branchies qui sont apparues sur leurs têtes. L’anatomie entière des habitants est altérée à cause des profondeurs. Personne ne descend du tram : nous sommes probablement les derniers à avoir survécu à la marée. Transformé en sous-marin, la machine protectrice nous emmène entre rochers et coraux, par des rues infectées de baleines, de dauphins et de voitures qui ne roulent pas. C’est une balade magique.

Soudain, elles arrêtent. La clarté a déjà étendu son voile sur la mer de la Ville. Elles cessent de tomber en nous laissant un vide dans le cœur. L’eau s’en va comme si quelqu’un avait enlevé le bouchon. La pierre doit sécher, l’acier doit sécher. Le soleil sèche ses rayons et même s’ils ne sont pas encore assez brillants, il les laisse aller jouer sur les toits et les balcons. Le tram arrive à destination, la mienne en tous cas, et vomit des visages déjà fatigués avant de commencer la journée. Vite, on change pour le métro avant que ça ne recommence.

La marée monte avec sa fierté renouvelée. Dans les tunnels qu’on transperce on rencontre des poissons lumineux, des fossiles vivants qui attendent la nuit pour aller à la chasse. Nous avons des frissons. Chaque jour nous évitons la pluie. Au moment où elles s’affaiblissent nous nageons jusqu’au bureau, au chantier ou aux hôpitaux. C’est notre défi quotidien : arriver à nos postes sans subir des transformations.

Dans les bâtiments fermés hermétiquement nous les observons lécher les fenêtres. Qui sait quand on sera mangés… Notre âme absorbée par l’humidité. Notre histoire consommée sous les écailles : plus de mémoire sur ce peuple qui a vécu sous telle menace.

Nous ne savons plus pourquoi, mais nous continuons à travailler et à vivre malgré la panique. En attente de l’heure où on devra quitter la protection des murs et des vitres, ces vitres qui sont comme un aquarium sec pour nous, nous parions sur ce qui va se passer au prochain assaut des gouttes. Personne ne le sait…

Elles sont là.

La Ville Invisible

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Ámsterdam. Foto de Rudy Rubio

Il y a des os dans cette Ville et je le sais. Les murs parlent en faisant des craquements et je les entends. Les églises tremblent en secouant leurs tours vertébrales. Dans les parcs poussent des os comme des herbes, les statues ne sont autre que des têtes de mort. Les bancs, les fontaines, les pavés sont construits avec des côtes, des tibias et des omoplates. Les maisons s’abandonnent à cette danse fantasmagorique et des égouts s’échappe l’odeur du calcium.

Le vent souffle sur le grand squelette qu’est la Ville et crispe ses nerfs, provocant un lancement de voix d’outre-tombe sur ses habitants. Le soleil ne se lève jamais sur son anatomie décharnée. La brume s’étend sur la surface des rues comme si c’était une mer sombre. On espère voir de loin la barque de Charon traverser la marée de voitures, les piétons et les lignes de trams. Mais ce n’est pas la mort, c’est la vie qui agite ces ossements urbains.

Les ténèbres ne sont pas ténébreuses mais accueillantes. La musique que dégage le mouvement invisible de cette agglomération est douce comme l’automne, quand elle laisse tomber ses feuilles sur les passants. Je me réjouis de ces chants et je m’endors. Je colle mon oreille au sol et j’imagine la structure invisible qui se forge. Les racines de la Ville vont loin au centre de l’histoire et renouvèlent ses énergies dans les fantômes du passé. Ce sont des milliards de corps, des infinités de bouches sans chair, des bras blancs et dépourvus de chair qui supportent notre présent.

Je ne suis pas d’ici, alors je ne comprends pas pourquoi je suis témoin de cette ossification. J’ai seulement la conviction d’écouter l’invisible, qui n’est plus là. Moi seul aperçois cette Ville grandissante, alimentée par des esprits, joyeuse dans ses habits funèbres. La Ville qui vit dans la quiétude de la Ville, dans le silence derrière le vacarme. Là, où je m’endors avant de rejoindre la foule et de devenir sourd pour toujours.

Exercice de français ou Bruxelles

2nd collection Photographer : Guillaume Kayacan MUA: Doll make-up/Carol Timperman/Maud Liegeois/Sandrine Make-up Models : FLAG MODELS

La Ville se réveille avec un bruit d’os. Ses ronflements commencent avec des trams taciturnes et se prolongent le long du canal. Ce canal qui est comme une plaie en plein visage, une cicatrice que porte cette dame grise qu’est la Ville. Oh ! Femme habillée de maisons, ta robe a plus d’un siècle et tu la portes comme celle du dimanche. On entend le soleil caresser tes lourds nuages sans les transpercer. Le monde a du mal à ouvrir ses yeux sur cette île d’acier et de béton. Des flaques d’eau et d’huile ressemblent à des taches de rousseur, des points de beauté. Les chats s’enfuient comme des âmes peureuses. Les voitures, les autobus et d’autres créatures  se lancent dans la marée des rues infinies ; plus qu’une ville c’est comme une mer ou comme une forêt aux racines inextricables. C’est dans cette forêt que je suis arrivé, sans nom et sans mémoire, fils du passé, propriétaire du hasard.

La première chose qui m’a frappé dans la Ville c’est son ciel ; on dirait une falaise inversée par où coulent des fleuves fantastiques. Des fleuves qui provoquent souvent des chutes d’eau, et quelles chutes ! On marche dans les rues ophidiennes en portant l’humidité comme une morsure de cobra dans les os. Tremblent aussi sous la pluie les tours squelettiques, les églises et les monuments ; c’est le paradis pour le vert et le cauchemar pour la pierre, et pour la chair… Habitants de cette folie, on devient comme des champignons qui se baladent sous un rideau de précipitations.

Après il y a la beauté des maisons, ces temples de la simplicité que l’homme a construit sous prétexte de se protéger du froid et des intempéries, mais qui sont là aussi pour être admirées. Avec une disposition parfois sauvage ou chaotique mais impassibles aux assauts que le temps a accompli en essayant de voler son charme. Sans succès. L’essence d’un continent est gravée sur les façades qui regardent les habitants avec une expression historique et une goutte d’ironie.

Après il y a le froid. Cet ami qui aime bien plaisanter en tapant sur les côtes. Qui adore faire mal aux doigts et au nez avec sa pince de fer ! Il n’a jamais grandi, ce gars au sourire tremblant. Il est le fils gâté de la Ville, toujours des bêtises sans punition !

Et finalement on arrive au mélange de races et de cultures qui mijote dans cette casserole miraculeuse. Mille langues, toutes les couleurs de peau, tous les tons et toutes les tonalités ! On se croirait dans un congrès des nations extraordinaire et perpétuel. C’est la Ville du futur, mesdames et messieurs, elle le sait et en est fière.

Je suis un oiseau de plus, un grain de sable dans le désert, une graine dans la forêt, une molécule d’hydrogène dans la pluie, un chat dans les ombres, un flaque du matin après une nuit de tempête, un rayon qui transperce le coton ! Le dernier arrivé, celui qui se laisse encore éblouir par la beauté, celui qui est capable d’entendre le craquement des os et le rire des murs. Avant de m’habituer au gris et aux cris des corbeaux et de commencer à me plaindre comme les autres…

L’immigrant.

Resumen

Todavía soy el mismo

Sigo amando la soledad

aunque la traicione

con el resto de mi vida

donde me integro

al ruido de este mundo

sin fin

Regreso a buscar a mi amante

como un adicto a la calma

En un rincón

sigo tirado

aunque no en el mismo

lugar, quiero decir

lejos de mi origen

después de todo el tiempo

la distancia

sigo profanando la hoja estéril

como siempre.

Photographe : Vlad VDK
MUA : Maud Liegeois
Modèle / Styliste : Jean Pol Fontesse

El sueño

Se levantó, como siempre, cuando el campo todavía estaba oscuro. Espantó la persistencia de la noche con un poco de agua sobre los ojos y comenzó a vestirse. Poniéndose las botas, recordó lo que había soñado. Se descalzó, se desnudó, apagó la lámpara de aceite que llamaba a los insectos.

Sin hacer caso a los lamentos de la vaca y de los otros animales, que sentían su presencia, volvió a la cama.

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Benedetta Bonichi

El accidente de Dorian

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a  R. G.

   Después del accidente, quedó convertido en una cosa horrible. Los médicos dijeron no es posible otra cirugía, tendrá que vivir con su rostro mutilado y hacerse amigo del reflejo.

También recomendaron hacer ejercicios; su cuerpo, al menos, podrá recuperarse del trauma.

Dedicó su vida al gimnasio. Cambió sus brazos, sus piernas y su tronco en una escultura de mármol. Pero no conformándose, ejercitó también los músculos que hay en el rostro: los cuarenta y tres que se utilizan para fruncir el ceño y los diecisiete que sirven para sonreír.

Al pasar un año desde su salida del hospital, ya era otro. Un hermoso rostro le había nacido donde antes un amasijo de carne lastimada. Ojos anchos y boca carnosa, mejillas bien dibujadas, piel tersa en una cara de ángulos a la moda.

Esto provocó que tuviera un éxito rotundo con las mujeres y entre los demás hombres. Sin embargo nunca, nunca más se miró en un espejo.

La pantera

En la ciudad vive una pantera mágica, que cada año viene a por los recién nacidos. Los devora y al año siguiente devuelve niños extraños, ajenos, de otras razas.
Aunque todos sufren el día que sus hijos son devorados, se han acostumbrado a que no pueden cambiar las cosas; incluso se regocijan del reencuentro con los infantes foráneos. Es como si se convirtieran en padres solamente ese día.
Una vez, un hombre no pudo entregar a su hijo. ¡Lo amaba tanto! No consiguió resignarse y mató a la pantera.
La alegría duró poco. Porque mientras todos danzaban como locos por las calles, exhibiendo las cabezas cortadas de los hijos de la pantera, aquel hombre, el rebelde, sentía como le crecían los colmillos y las garras. Como se acuciaba su apetito, a la vista de toda mujer embarazada.