La Ville Invisible

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Ámsterdam. Foto de Rudy Rubio

Il y a des os dans cette Ville et je le sais. Les murs parlent en faisant des craquements et je les entends. Les églises tremblent en secouant leurs tours vertébrales. Dans les parcs poussent des os comme des herbes, les statues ne sont autre que des têtes de mort. Les bancs, les fontaines, les pavés sont construits avec des côtes, des tibias et des omoplates. Les maisons s’abandonnent à cette danse fantasmagorique et des égouts s’échappe l’odeur du calcium.

Le vent souffle sur le grand squelette qu’est la Ville et crispe ses nerfs, provocant un lancement de voix d’outre-tombe sur ses habitants. Le soleil ne se lève jamais sur son anatomie décharnée. La brume s’étend sur la surface des rues comme si c’était une mer sombre. On espère voir de loin la barque de Charon traverser la marée de voitures, les piétons et les lignes de trams. Mais ce n’est pas la mort, c’est la vie qui agite ces ossements urbains.

Les ténèbres ne sont pas ténébreuses mais accueillantes. La musique que dégage le mouvement invisible de cette agglomération est douce comme l’automne, quand elle laisse tomber ses feuilles sur les passants. Je me réjouis de ces chants et je m’endors. Je colle mon oreille au sol et j’imagine la structure invisible qui se forge. Les racines de la Ville vont loin au centre de l’histoire et renouvèlent ses énergies dans les fantômes du passé. Ce sont des milliards de corps, des infinités de bouches sans chair, des bras blancs et dépourvus de chair qui supportent notre présent.

Je ne suis pas d’ici, alors je ne comprends pas pourquoi je suis témoin de cette ossification. J’ai seulement la conviction d’écouter l’invisible, qui n’est plus là. Moi seul aperçois cette Ville grandissante, alimentée par des esprits, joyeuse dans ses habits funèbres. La Ville qui vit dans la quiétude de la Ville, dans le silence derrière le vacarme. Là, où je m’endors avant de rejoindre la foule et de devenir sourd pour toujours.

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Acerca de arielbacosta

Ariel B. Acosta Ulloa (Sancti Spíritus, Cuba, 1979). Ex actor del grupo “Teatro de los Elementos”. Miembro del taller especializado en preceptiva "En el vórtice de la contemporaneidad". Obtuvo el primer premio del Concurso Territorial "Zenón Rodríguez" en el 2005 y ese mismo año el Consejo Nacional de Casas de Cultura le otorgó la Beca de Creación "Sigifredo Álvarez Conesa". Textos suyos aparecen en las revistas El Caimán Barbudo y Calle B, así como en la antología poética “El Libro de los Aforismos” (Editorial Mecenas, Cienfuegos, 2008). Reside en Bélgica desde 2007. Es el autor de "La balada de los suicidas", cuentinovela publicada recientemente por Eriginal Books.

Publicado el junio 11, 2012 en Journal de l'immigrant y etiquetado en , . Guarda el enlace permanente. 2 comentarios.

  1. Ian Rodríguez Pérez

    Oye bro, qué bueno tu blog man… cuánto me alegra que no abandones la Literatura….
    Un abrazote cargado de afecto:
    Ian

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